VESPA ELECTTRICA

6 390,00

Description

Piaggio est le premier « grand » constructeur a avoir franchi le pas et à proposer un scooter électrique équivalent 50 cm3. Si BMW avait ouvert la voie avec le C-evo en équivalent 125, du côté des 50 l’offre était jusqu’à maintenant limitée à des productions chinoises (ce qui ne veut plus forcément dire de médiocre qualité !) ou à des marques confidentielles ou nouvelles sur le segment comme Askoll (tiens, aussi un Italien !). D’ailleurs, notez que ces deux constructeurs de renommée internationale, BMW et Piaggio, sont européens… Il ne faudrait pas oublier Peugeot avec le Vivacity, mais ce dernier est arrivé trop tôt, et n’était peut-être pas assez abouti. Côté moto, c’est un Américain qui prend le risque (nous n’omettons pas le leader Zero Motorcycles, mais il ne compte pas encore parmi les « grands » !), et pas des moindres : Harley aussi électrifie son mythe cette année. 2019 marquera sans doute un tournant dans l’histoire de la moto et du scooter avec l’arrivée de la Vespa Elettrica et de la Livewire… Quant à savoir quel sera leur avenir commercial, c’est une autre histoire (avec 11 552 exemplaires, les ventes de motos et scooters électriques 2018 affichaient + 30 %, mais surtout grâce aux flottes)… D’ailleurs, en parlant d’histoire, vous pourrez vous replonger dans celle de la guêpe italienne en lisant notre article sur La Moto Classic.com, Une petite histoire de la Vespa. Mais assez causé, montons donc sur cette guêpe électrique pour une balade parisienne entre camions et Tour Eiffel !

VESPA ELETTRICA : DESIGN – FINITION

D’aucuns, comme notre érudit collègue Philippe qui essayait récemment la Vespa GTS 300 Hpe, regrettent que peu de choses distinguent cette Vespa Elettrica d’une Primavera… Le coloris argent métallisé est pourtant spécifique, avec un liseré (7 coloris au choix) sur les contours de la carosserie, sur la selle, sur les jantes, sur la cravate, et autour du logo Elettrica sur le flanc droit… Sobre, discret, classique et classe, parfait selon nous ! L’ensemble des feux est confié à des leds (hyper efficace au demeurant, tant pour voir que pour être vu). Sans nul doute, voici un scooter haut de gamme, et l’on ne peut alors que chipoter sur le capotage des poignées dont le plastique argenté fait un peu cheap (cela se voit moins pour le capotage du phare ou l’entourage du tableau de bord).

VESPA ELETTRICA : ERGONOMIE – CONFORT – DUO

Rien de nouveau sur cette Elettrica, dont l’ergonomie est en tout point identique à celle de la dernière Primavera : la prise en mains est évidente, le guidon n’est pas trop bas, même les grands n’y sont pas vraiment à l’étroit, quand les petits posent facilement les pieds à terre (les demi-pointes pour les mini gabarits, l’assise pointant à 790 mm). On notera juste des leviers de frein un peu éloignés pour les mains courtes. La selle est moelleuse, les suspensions un peu moins comme d’habitude sur les Vespa, quoique la fourche à balancier ait été améliorée sur les dernières générations. Le confort global est plutôt bon pour la catégorie, et sur un 50 au rayon d’action limité, l’invité prend son mal en patience sur son petit bout de pouf en calant ses pieds comme il peut sur les mini repose-pieds intégrés aux flancs du plancher, les bras derrière le dos pour attraper la jolie poignée chromée.

VESPA ELETTRICA : INSTRUMENTATION – COMMANDES

Repris de la Primavera S 125 2018, avec quelques caractéristiques spécifiques supplémentaires, l’écran numérique fourmille d’informations (voir le détail dans les équipements en bas de page). Tout est bien lisible, une fois que l’on a repéré où se trouve chaque info. Pratique, le rétro-éclairage jour/nuit est automatique (on peut aussi choisir selon sa préférence), et très bien fait. Les infos « voyage » défilent grâce à un bouton Mode à main droite, qui permet aussi d’entrer dans les paramètres (rétro-éclairage, activation de l’alerte sonore automatique au-delà de 25 km/h, connectivité Bluetooth, frein moteur déterminant la récupération d’énergie). Pour démarrer, il faut maintenir le bouton Power quelques secondes, après avoir choisi Eco, Power ou Reverse, car oui, il y a une marche arrière (avec un témoin sonore) ! Après un petit temps d’apprentissage, on navigue plutôt facilement dans le système. Comme la dernière Primavera, l’Elettrica peut-être connectée à votre smartphone et à un intercom (mise à jour à venir à ce sujet). Une appli dédiée recueille par ailleurs vos infos de voyage.

VESPA ELETTRICA : MOTEUR – PERFORMANCES

Relié directement à la roue, le moteur de 3,5 kW (4 kW en crête, le maximun pour les scooters 50) prend place en bout de bras oscillant, qui fait office de transmission sur un modèle thermique : l’esthétique est conservée ! Cela permet aussi d’obtenir une progressivité rassurante à l’accélération : la gestion électronique étant par ailleurs très bien faite, la réactivité est au rendez-vous, sans la brutalité que l’on retrouve sur certains scooters électriques. Pas de quoi être débordé par le couple immédiat pourtant impressionnant de 200 Nm à la roue. Les décollages sont puissants mais dosables, c’est bien plus efficace qu’un 50 cm3 thermique 4T, il ne faut cependant pas hésiter à visser la poignée après 30 km/h pour atteindre les 49 km/h maxi légaux. En mode Eco, la vitesse est limitée à 30 km/h pour préserver l’autonomie. Le tout en silence et sans vibrations.

VESPA ELETTRICA : AUTONOMIE – RECHARGE

Avec une capacité de 4,2 kWh (48 V et 86 Ah), la batterie (cellules coréennes LG, assemblage en France) est annoncée pour 100 km en Eco, et 80 km en Power, et les jauges sont très précises. Le décompte kilométrique est précis et en accord avec la distance parcourue d’une part, avec la charge restante d’autre part. C’est rassurant au quotidien. Lors de cet essai en Power et sur niveau 1 de frein moteur, en conditions normales, pour un pilote de 55 kg, l’autonomie s’est révélée conforme aux promesses du constructeur (mise à jour à venir après plusieurs cycles). La recharge s’effectue sur une prise domestique en 4 h grâce au câble en spirale intelligemment rangé sous la selle, à l’endroit où l’on trouve l’orifice du réservoir sur les Vespa thermiques. Mais il peut être fastidieux de bien rentrer le câble dans son logement et de refermer le bouchon : et si celui-ci n’est pas en place, une sécurité empêche le démarrage… Donc gare au bouchon ! Enfin, il est vivement recommandé pour la longévité de la batterie de ne pas attendre d’être « à sec » pour recharger (branchement conseillé dès qu’il ne reste plus que 20 %).

VESPA ELETTRICA : FREINAGE

Rien à redire, l’efficacité est au rendez-vous. Sans nul doute les pneus Pirelli Angel Scooter n’y sont pas pour rien, nous avons d’ailleurs pu apprécier leur tenue sur les pavés humides. Le petit disque avant et son étrier 2 pistons offrent une puissance progressive équilibrée en l’absence d’ABS, et il n’est même pas indispensable de l’utiliser car le tambour arrière, plus mordant, est en général suffisant. Si il est un peu regrettable à ce niveau de prix de ne pas avoir aussi un disque à l’arrière, ce système plus daté et moins onéreux est néanmoins très efficace, donc bon… Penser à régler la garde de ce tambour régulièrement.

VESPA ELETTRICA : ASPECTS PRATIQUES

Zut ! Le casque jet jaune utilisé lors de cet essai netre mais ne permet pas la fermeture du coffre ! Il faudra un demi-jet à écran court du type de ceux proposé par la marque italienne, coordonné voire doté d’un système intercom. Ou un top-case… Dommage, car sur les thermiques le volume du coffre avait été agrandi sur les dernières versions. Ici, le pack batterie a dû reprendre cet espace. Mais on gagne une ouverture électrique au tablier, une première sur une Vespa 50. La boîte à gants s’ouvre au contacteur et permet de stocker et de brancher son téléphone (prise USB), et le plancher plat de transporter un sac. Le crochet en bout de selle n’est en revanche pas très sécurisant. Enfin, point le plus négatif de cet essai, si la béquille centrale est assez facile à manier (un peu dure à la descente tout de même), la latérale n’est pas offerte de série… Mesquin !

VESPA ELETTRICA : EN VILLE

Autant qu’elle l’a toujours été en thermique, la Vespa Elettrica est la reine des villes. Et aujourd’hui que le 2-temps n’est plus de mise chez Piaggio, elle est indéniablement plus efficace que les Primavera et Sprint 4-temps. Agile comme une anguille, elle est plus stable que la Primavera thermique 50 grâce à sa jante avant en 12 pouces au lieu de 11 (qui reste la taille de l’arrière), ce qui participe aussi à un meilleur encaissement des chocs et à l’amélioration de la tenue de route (notez que les Sprint 50 et 125 ont du 12 avant et arrière). On se faufile sans y penser dans les trous de souris grâce au très bon rayon de braquage, l’équilibre est parfait (le poids de 130 kg est de 25 kg plus élevé que celui de la thermique à cause de la batterie, mais le centre de gravité est bas), et la marche arrière peut aider dans certaines circonstances, même si ce n’était pas indispensable. Entre les files de voitures serrées, les jolis mais peu pratiques rétro chromés (assez mobiles…) peuvent gêner. Les côtes ne sont pas un souci, même si il est un tout petit peu plus long d’atteindre la vitesse maxi (et attention, consommation de batterie intense, comme en duo !). Dernier point, il faut garder toujours à l’esprit que personne ne vous entend (déjà qu’il est fréquent qu’on ne nous voie pas à moto ou à scooter !), donc la plus grande attention s’impose. Et l’avertisseur sonore automatique qui se déclenche à partir de 25 km/h et que l’on peut choisir d’enclencher ou pas aura vite fait de vous énerver…